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Traverser l'Uncanny Valley...

Publié le 01/08/2014 à 11:42 par cyberland Tags : turing transhumanisme similarité singularite robotique uncannyvalley
Traverser l'Uncanny Valley...

 

 

1 - Le concept d'Uncanny Valley

 

En 1970, le roboticien japonais Masahiro Mori introduit et développe le concept d' Uncanny Valley (Vallée dérangeante) qui désigne une zone de l'évolution du progrès robotique associée à un intense rejet ou « dégoût » humain à l'encontre du robot imitant l'homme. Un observateur en présence d'un robot qui ne cherche pas à imiter la morphologie humaine identifie alors clairement la machine en tant qu'objet et peut éprouver à son égard une forme d’empathie voire d'affection. Tant que le robot est un « humanoïde » facilement identifiable en tant que mécanisme artificiel, la réaction de l'observateur reste généralement « positive » (exemple du Droïd R2D2 de la Guerre des Étoiles). Lorsque l’humanoïde est construit pour imiter au plus près la morphologie humaine et qu'il réussit l'imitation, les réactions des observateurs évoluent et deviennent beaucoup plus complexes. Elles peuvent inclure une forte répulsion et un dégoût lorsque le robot est doté d'une peau artificielle, de vêtements et d'un visage proche de celui d'un humain.

 

Le rejet de l'observateur se construit sur la base des différences morphologiques détectées par des capteurs naturels (vue, ouïe, odorat, toucher, …) et semble relever de réflexes biologiques archaïques, darwiniens, liés à la reproduction de l'espèce humaine. Ensuite, lorsque le degré de similarité augmente encore avec le standard humain et que les différences ou les aberrations artificielles s'estompent, le niveau de rejet de l'observateur décroit également et l'humanoïde devient « admissible ». La courbe d'adhésion adopte ainsi la forme d'une vallée qui mesure le « malaise » créé chez l'homme par le robot en fonction de son degré de similarité avec le modèle humain ou de son niveau d'anthropomorphisme.

 

image-1-uncanny-valley.jpg

 

 

2 - Les origines « géologiques » de la vallée

 

Le terme d'Uncanny Valley introduit par Masahiro Mori dérive du « Unheimlich » freudien ou «l' inquiétante étrangeté » et évoque immédiatement l'interprétation psychanalytique. La zone d'Uncanny correspond à l'étape durant laquelle l'observateur ne juge plus le robot comme une machine cherchant à imiter l'humain mais comme un humain présentant des anomalies et des imperfections peu admissibles. La base d'évaluation est échangée et les critères de connivences biologiques deviennent prédominants. L’humanoïde d'imitation demeure inconsciemment assimilé à un humain anormal ou à un cadavre. Ses aspects inhumains mêlés à la confusion d'identification provoquent le malaise, le rejet et le dégoût. Aucune norme sociale ne vient limiter ou modérer ces réactions très instinctives car la compassion qui peut réguler les interactions entre l'observateur et l'humain malade ou le cadavre ne s'installe pas avec l’humanoïde. Le rejet instinctif caractérisant l'Uncanny Valley pourrait trouver son origine dans des réflexes biologiques et cognitifs, archaïques darwiniens liés à la reproduction de l'espèce humaine. Il serait dépendant en particulier de notre faculté d'évaluer de façon inconsciente le potentiel de reproduction et la capacité d’être le bon partenaire d'un individu. L'évaluation qui s'effectue sur les signaux extérieurs visuels et comportementaux renvoyés par l'interlocuteur mesure en particulier le niveau d'anormalité et de tares héréditaires potentielles.

 

Lorsque le degré de similarité avec le modèle humain dépasse la zone d'Uncanny Valley, l'admissibilité est rétablie et le rejet instinctif s'estompe. L'observateur a traversé la vallée...

 

 

image-3-uncanny-valley.jpg

 

 

3 - Critiques et versions faibles de l'Uncanny Valley

 

Le concept d'Uncanny Valley fait l'objet de critiques (dont certaines semblent à leur tour contestables). La première d'entre elles repose sur l'état de l'art dans le domaine robotique et sur la capacité à imiter l'humain : nous nous situons seulement sur le premier versant de la vallée, celui qui décroit en raison des imperfections facilement détectables sur les robots actuels. Ce constat rend incertaine la remontée vers l'admissibilité et l'acceptation de l'autre coté de la vallée. Le phénomène de vallée a été partiellement démontré par certaines études en privilégiant un contexte particulier mais en rendant du même coup la généralisation beaucoup plus hasardeuse.

 

Version restreinte de la vallée dérangeante

 

Peut-on détecter des versions faibles de l'Uncanny Valley observables sur des contextes restreints ?

 

Il est tentant de rapprocher les mécanismes du test de Turing et ceux du rejet-dégoût développés devant un humanoïde imparfait. Comme pour le test de Turing, on doit s'interroger sur la restriction de l'expérience à un contexte limité comme celui d'un chatbot sans représentation visuelle.

 

Existe-t-il alors un équivalent de courbe en vallée en fonction du degré de similarité des réponses produites par le chatbot avec un modèle de conversations humaines ?

 

Doit-on nécessairement passer par une vallée avant de réussir le test de Turing ?

 

Il y a fort à parier que des réactions instinctives ou non, de l'ordre du réflexe darwinien ou de la réponse neurobiologique agissent chez les juges lors d'un test de Turing et ceci en dehors de toute considération visuelle. Il leur faudra traverser la vallée pour que le test de Turing soit définitivement passé avec succès...

 

 

4 - Travaux pratiques : Faites votre propre test !

 

a) - Visionnez les trois vidéos ci-dessous.

 

b) - Qu'avez-vous ressenti ?

 

c) - Où vous situez-vous dans le graphe de l'Uncanny ? De quel côté de la vallée ?

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=tDGYNhqROjY#t=16

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=fnN5s2u7I4k

 

 

 

http://www.enjoylearne.tk/2013/09/le-futur-avec-le-robot-humanoide.html

 

 

 

Il semble évident que les réactions varient fortement d'un observateur à l'autre. Pourtant, le sentiment de malaise, quand il s'installe, peut vite être partagé et devenir prédominant.

 

 

 

Sources et liens

 

http://singularityhub.com/2014/07/29/the-uncanniest-valley-what-happens-when-robots-know-us-better-than-we-know-ourselves/

 

http://hansonrobotics.wordpress.com/

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_d%C3%A9rangeante

 

http://arnofabre.free.fr/uncanny_valley/index.html

 

 

 

Publicités pour Old Spice

 

http://www.youtube.com/watch?v=Jbegu2dRLQc

 

http://www.youtube.com/watch?v=J2NdcPP0G34

 

 

 

DARPA Robotics Challenge

 

http://www.youtube.com/watch?v=mwWm3HaDbnQ

 

 

 

 

CyberBerkut, le hacking ukrainien

Publié le 29/07/2014 à 10:51 par cyberland Tags : hacking cyberberkut ukraine russie cyberconflictualité manipulation cadre
CyberBerkut, le hacking ukrainien

 

 

La cybercellule de hacking CyberBerkut vient d'annoncer l'attaque du compte de messagerie de VM Pushenko, colonel du Ministère de la Défense Ukrainien.

 

Les représentants de CyberBerkut ont affirmé que les courriels captés contiennent des conversations confidentielles entre le colonel et des fonctionnaires du Ministère de la Défense portant sur le conflit ukraino-russe. Le communiqué publié par CyberBerkut insiste sur le mauvais moral des troupes ukrainiennes. Il fait état de nombreuses désertions dans les rangs de l'armée et de l'importance des destructions de matériel militaire.

 

« Today we, CyberBerkut, hacked the e-mail of a colonel of the Ukrainian Ministry of Defense V.M. Pushenko. The correspondence confirms reluctance of the common Ukrainians mobilized in the Armed Forces to shoot their compatriots and proves mass desertion facts in the army. Morale of the Ukrainian soldiers is so low that they throw their weapons away and break out of their military units even in spite of the threat of punishment by the Nazis.  The colonel in this correspondence also reports huge losses of military vehicles which went to the voluntary military forces from the Ukrainian army. These facts are the most kept secret of the Kiev officials. Our Ukrainians journalists either don’t know the truth or don’t want to tell it. »

 

Ce n'est pas la première opération de hacking visant des cibles militaires ukrainiennes. Le 13 février 2014, des hackers d'Anonymous ont affirmé avoir capté les conversations confidentielles du parti UDAR de Vitali Klitschko. La cellule CyberBerkut a procédé au hacking d'un site de l'OTAN, par une attaque DDos réalisée au début du conflit ukrainien [1].

 

Les messages hackés du colonel Pushenko sont consultables sur le site de CyberBerkut (en ukrainien) :

 

http://cyber-berkut.org/

 

Notons qu'il n'est pas possible de distinguer le véritable hacking de messages authentiques de la cybermanipulation consistant à créer de faux messages et un faux hacking destiné à la contre-information... Une opération de ce type doit également évoquer l'influence potentielle des services de renseignements russes dans le cadre de la cybermanipulation comme dans celui d'une véritable cyberattaque.

 

[1] http://securityaffairs.co/wordpress/23097/cyber-warfare-2/nato-websites-hit-ddos-attack.html

 

 

 

Lectures croisées : le Janus technologique

Lectures croisées : le Janus technologique

 

 

La lecture concomitante (ou rapprochée) de deux livres aux sujets a priori éloignés augmente parfois de façon spectaculaire la mise en perspective des idées et fait apparaître des similarités inattendues. C'est l'exercice que je suggère dans ce billet en recommandant la lecture «en parallèle » de deux ouvrages d'une grande profondeur.

 

 

La mort de la mort

Le premier auteur, Laurent Alexandre, publie La mort de la mort en 2011, aux éditions JC Lattès. Chirurgien urologue, créateur du site Doctissimo, chef d'entreprise, il dirige la société de séquençage d'ADN « DNA Vision » et diffuse une pensée particulièrement innovante sur l'évolution exponentielle des progrès technologiques et l'impact de la convergence NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique, Cognitique) sur notre quotidien.

Laurent Alexandre évite soigneusement le piège des techno-prophéties hasardeuses. Il explore au contraire, pas à pas, le corpus des avancées technologiques en matière de génétique et de « bricolage du vivant » qui va bouleverser l'humanité dans son rapport à la mort.

Tout en maniant les verbes au futur, il conserve à chaque instant le fil d'Ariane qui relie le lecteur au présent. Laurent Alexandre donne l'alerte sur la vitesse et l'intensité des changements qui vont impacter l'homme du début du 21ème siècle. Son ouvrage questionne la mort comme aucun autre n'a osé le faire jusqu'à aujourd'hui.

 

 

Sous le feu : la mort comme hypothèse de travail

Le second auteur, Michel Goya, publie en 2014 Sous le feu aux éditions Taillandier.

Le colonel Michel Goya possède une longue expérience opérationnelle dans l'armée de terre. Assistant militaire du Chef d'état-major des armées sur les questions de doctrines puis Directeur du domaine « Nouveaux conflits » à l'IRSEM, il dirige aujourd'hui le bureau Recherche de centre de doctrine d'emploi des forces de l'Armée de Terre. Il a également enseigné l'histoire militaire de la guerre à Sciences-Po Paris.

Michel Goya s'inscrit dans la grande tradition des « penseurs écrivains militaires ». Ses écrits - La chair et l'acier, Irak, les armées du chaos, Res militaris et Sous le feu : la mort comme hypothèse de travail publié en 2014 - témoignent, chacun dans leurs thématiques, d'une remarquable acuité dans l'analyse de la complexité guerrière. Sous le Feu est avant tout un travail d'introspection sur la psychologie du combattant et une étude comportementale des individus engagés sur un champ de bataille. Les exemples utilisés pour appuyer l'analyse permettent au lecteur d'accompagner au plus près le soldat dans les périodes les plus intenses de son engagement tout en soulignant ses réactions parfois irrationnelles créées par des situations de stress extrême.

L'ouvrage de Michel Goya est exceptionnel dans le sens où il transcende les codes établis de lecture d'une confrontation armée. Les questionnements sur la psychologie du combattant, sur ses biais cognitifs qui altèrent souvent son jugement et sa perception de l'environnement mettent en lumière les multiples interactions qui opèrent durant les périodes d'engagement au feu.

Sous le feu décrit parfaitement le rapport du combattant à sa propre mort et les instants durant lesquels ce combattant consent au sacrifice ultime.

 

 

Lecture croisée

 

Des similarités de buts

La lutte de la technomédecine contre le vieillissement d'un côté, l'engagement au combat de l'autre, les deux sujets semblent a priori disjoints. Pourtant, il s'agit bien du combat pour maintenir la vie qui figure au centre de ces deux réflexions. La séparation est une question d'échelles.

L'échelle spatiale : La mort de la mort décrit le combat des scientifiques engagés dans la révolution NBIC contre des processus biochimiques et génétiques darwiniens qui ont toujours su vaincre l'humanité. La confrontation qui a lieu à une échelle nanométrique, repousse la date de notre mort.

Sous le feu rapporte la violence des confrontations guerrières à une échelle humaine. Le but du combattant est de rester en vie, d'éviter la mort et de mener à bien sa mission.

On identifie facilement le but commun poursuivi selon des échelles spatiales et temporelles différentes.

 

 

Un paradoxe humain, « Le Janus technologique »

La lecture croisée des deux ouvrages met en lumière un paradoxe humain persistant et finalement très naïf : l'homme moderne cherche à repousser sa propre mort par la technologie tout en développant des technologies d'armements toujours plus efficaces et meurtrières. Une technologie mortifère s'oppose à une technologie d'augmentation de la vie. Ce « Janus technologique » s'inscrit certainement dans une dualité persistante à travers l'histoire de pulsions freudiennes ou neurobiologiques selon l’interprétation retenue...

 

Cloud souverain et cybernationalisme

Cloud souverain et cybernationalisme

 

 

1 – Cloud souverain français : L'exemple de Cloudwatt

 

La naissance de Cloudwatt

 

On trouve, à l'origine de la création de Cloudwatt, une prise de conscience et une volonté stratégique de positionner la France sur le marché mondial du cloudcomputing. Fondée en septembre 2012, Cloudwatt est une société française spécialisée dans les solutions de stockage en ligne et les solutions de calcul par machines virtuelles. La naissance de Cloudwatt s'inscrit alors pleinement dans le projet Andromède lancé en 2009 destiné à soutenir le développement d'un cloudcomputing « made in France ». Le Grand Emprunt qui a fait émerger le concept de cloud souverain a facilité le démarrage de la société Cloudwatt. L'idée principale consistait à proposer aux professionnels et aux particuliers des infrastructures sécurisées de stockage en ligne et de machines virtuelles (VM) localisées sur le territoire national puis par la suite en Europe.

 

Le gouvernement mobilise le Fond d'Initiative Stratégique (FIS) et décide de soutenir deux projets ambitieux dotés chacun de 225 millions d'euros : la société Cloudwatt dont Orange (44,4 %), la Caisse des Dépôts et Consignations (33,3 %) et Thales (22,2 %) sont les actionnaires principaux et la société Numergy soutenue par SFR, CDC et Bull. Cloudwatt choisit alors de construire sa propre plateforme de cloud opensource basé sur l'environnement OpenStack. Il s'agit d'un premier choix de nature stratégique qui permet à Cloudwatt de maîtriser totalement son infrastructure, d'évoluer en autonomie et de s’affranchir de technologies propriétaires contraignantes et « liantes ». En 2012, Cloudwatt intègre la fondation OpenStack et contribue en développant de nouvelles ressources comme le framework Hadoop présenté en 2013 lors du forum OpenStack summit Hong Kong.

 

 

 

Le premier Datacenter de Cloudwatt

 

Situé en Normandie à Val-de-Reuil, le premier Datacenter (opéré par Orange) de la société Cloudwatt propose un taux de disponibilité de 99,995 % de niveau Tier 4, hautement sécurisé incluant un contrôle biométrique pour l'accès aux équipements hébergés et des chaînes d'alimentation redondantes.

 

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Datacenter Orange – Cloudwatt, Val-de-Reuil

 

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Infrastructures de stockage Cloudwatt

 

 

Cloudwatt propose une large gamme de stockage en ligne modulable partant d'une offre de base gratuite d'un espace de 50 Go, puis des solutions payantes à partir de 100 Go pouvant évoluer jusqu'à plusieurs teraoctets. L'utilisateur peut gérer son stockage de façon élémentaire à partir de l'interface du site accessible depuis tout navigateur ou utiliser une application de transfert de fichiers comme Clouberry ou Cyberduck. Les données chargées sur les infrastructures de Cloudwatt sont localisées en France et opérées par des acteurs sans lien avec des sociétés américaines. Ces données ne sont donc pas soumises à l'application du Patriot Act. L'offre Cloudwatt en machines virtuelles débute en 2014 (version Beta). Il s'agit ici d'une valeur ajoutée importante par rapport aux offres équivalentes d'Amazone ou de Microsoft qui sont soumises au Patriot Act.

Le Patriot Act permet aux agences de sécurité américaines(FBI, NSA,...) d'accéder aux données stockées dans les Datacenter sans contrôle préalable d'un juge. La confidentialité des données relève alors de l'utopie...Les entreprises françaises l'ont bien compris et se montrent assez réticentes à confier leurs données dans de telles conditions. Le cloud souverain offre une solution « made in France » qui s’affranchit de la tutelle américaine. L'affaire PRISM-Snowden-NSA constitue alors l'un des meilleurs arguments commerciaux de la société Cloudwatt auprès de ses clients.

Elle justifie à elle seule la création de Cloudwatt...

 

 

 

Un nouveau Directeur conscient de l'accélération technologique mondiale

 

En charge de la phase initiale et du lancement du projet de cloud souverain, le premier Président de Cloudwatt, Patrick Stark, a cédé sa place en avril 2014 à Didier Renard, jusque-là Président de la société Tasker spécialisée dans le développement d'outils de gestion des plate-formes cloud.

Notons que Didier Renard est le premier Français diplômé de l'Université de la Singularité. Loin d’être anecdotique, cette sensibilité singulariste s'inscrit parfaitement dans le profil attendu d'un dirigeant de société de Cloud souverain. C'est certainement la plus adaptée aux changements exponentiels et la plus pertinente aujourd'hui !

Selon lui, « Pour appréhender le futur, il ne suffit pas de calquer le modèle du passé ».

Didier Renard s'inquiète souvent du manque d'ambitions de la France et de l'incapacité de nos élites à intégrer l'accélération technologique...

 

 

 

2 – Les replis « cybernationalistes » et la souveraineté numérique

 

Le concept de « Cloud souverain » émerge d'un écosystème numérique mondial fragilisé par des turbulences d'hégémonies et des luttes d'influence. Les révélations Snowden-Prism-NSA ont créé un tel traumatisme qu'elles doivent aujourd'hui questionner l'ensemble des acteurs du numérique sur le sens réel de la confidentialité/sécurité/intégrité des données. Si les grandes nations technologiques n'ont pas attendu l'affaire Snowden pour construire et promouvoir des solutions numériques locales sur lesquelles elles conservent un contrôle stratégique, elles ont tout de même saisi l'occasion offerte par l'affaire Snowden pour accélérer leur réorientation vers des infrastructures nationales.

Ainsi, la Russie, par la voie de son Président Vladimir Poutine, a fait le choix du développement de solutions de stockage de données implantées sur le territoire. Le repli cyber national russe ne se limite d'ailleurs pas aux seuls Datacenter mais impacte également les moteurs de recherche. Vladimir Poutine a lancé plusieurs projets dont celui du développement d'un moteur de recherche national, indépendant des moteurs américains, « adapté au peuple russe » et supervisé par des sociétés russes. Le moteur russe Yandex, quant à lui, a été sommé de réduire ses liens de dépendance financière avec des sociétés occidentales. La Chine n'est pas en reste et multiplie les constructions de Datacenters de très grandes capacités. Elle développe également ses propres moteurs de recherche.

 

La souveraineté numérique, si elle recherche une cohérence globale, doit s'appliquer aux infrastructures de stockages de données (Datacenters) mais également aux moteurs de recherche. Les uns ne peuvent être dissociés des autres. La perte de souveraineté sur l'une des deux fonctions fragilise l'autre. Le développement d'un moteur de recherche européen devrait figurer à l'ordre de jour des grands projets de l'UE car la recherche, le classement et la hiérarchisation des données participent directement à la valorisation de l'information. Le moteur est une composante de la chaîne informationnelle qui fonde et conditionne la souveraineté numérique d'une nation.

Enfin, cette souveraineté numérique passe également par le développement de solutions de cybersécurité nationales (antivirus nationaux, firewall dynamiques, systèmes de prévisions des cyberattaques).

 

C'est bien sur le triplet « Datacenter, moteur de recherche, antivirus » qu'il faut agir si l'on souhaite doter la nation d'une souveraineté numérique...

 

Liens :

 

[1] Le site de la société Cloudwatt :

 

https://www.cloudwatt.com/fr/

 

 

[2] La page wikipédia de Cloudwatt :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cloudwatt

 

 

[3] Interviews du CEO de Cloudwatt, Didier Renard :

 

http://www.silicon.fr/didier-renard-cloudwatt-livrer-10-000-vm-notre-offre-cloud-fin-2014-95374.html

 

http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-didier-renard-remplace-patrick-stark-chez-cloudwatt-57228.html

 

 

[4] Didier Renard, premier Français diplômé de la SU :

 

http://www.lepoint.fr/technologie/singularity-university-escale-dans-le-futur-29-03-2014-1806987_58.php

 

 

 

 

 

 

Le sacrifice des Normaliens

Le sacrifice des Normaliens

 

 

Ma seconde contribution au dossier EchoRadar « Été 1914, un autre monde ? ».

 

« Des Grandes Écoles à la Grande Guerre – Le sacrifice des Normaliens » est la suite du premier article « Des Grandes Écoles à la Grande Guerre – Polytechniciens sous la mitraille ».

 

Thierry Berthier

 

 

La proportion d'officiers tués pendant la première guerre mondiale dépasse celle des soldats de la troupe. Dans l'infanterie, là où l'on meurt le plus, un officier sur trois est tué au combat quand un homme de troupe sur quatre y perd la vie et moins de un sur dix dans toutes les autres armes...

 

L’École Normale Supérieure de la rue d'Ulm incarne à la fois l'engagement patriotique et la surmortalité des élites durant la Grande Guerre. Plus de la moitié des élèves des promotions 1910-1913 de l'ENS disparaît au combat. Cette proportion particulièrement élevée correspond à celle des officiers saint-cyriens morts pour la France durant la Grande Guerre qui, rappelons le, avaient tous choisi le métier des armes... L' ENS incarne l'engagement des intellectuels au combat au même titre que celui de l’École Polytechnique, de l’École Centrale, de Navale et de Saint-Cyr.

 

A la différence de Polytechnique et de Saint-Cyr, l'ENS n'est pas une école militaire. Pourtant, dès 1905, l’École Normale Supérieure met en place une préparation militaire pour tous ses élèves.

 

Sa motivation première est de concurrencer la formation de l’École Polytechnique et de conserver les meilleurs candidats du concours scientifique. Pour l'anecdote, cette concurrence traversera le vingtième siècle pour demeurer encore bien « vivace » aujourd'hui, en 2014.

 

Dès le début du conflit, les élèves normaliens sont systématiquement incorporés dans l'infanterie, arme particulièrement consommatrice en vies humaines : les taux de perte dans l'infanterie s'élèvent à 29% chez les officiers et à 22,9 % chez les hommes de troupe mobilisés.

 

Le patriotisme des élèves normaliens fonde l'hypothèse d'un engagement total évoluant parfois vers l'engagement « sacrificiel ». Les promotions qui subissent le plus de pertes sont celles scolarisées en août 1914 , c'est-à-dire les promotions de la période 1910-1913. Sur les 265 élèves entrés à l'ENS durant ces 4 années, 109 ont été tués soit près d'un élève sur deux ! Ces disparitions interviennent en majorité durant les premiers mois du conflit. Près de 4 normaliens sur 10 décèdent en 1914. D'une façon générale, les 4 premiers mois de la guerre seront les plus meurtriers avec environ 450 000 hommes morts pour la France, soit presque le tiers du total des pertes de l'armée française.

 

Dans les classes 1886 à 1917, 1400 élèves sont mobilisables, 832 seront mobilisés et 236 perdront la vie soit un taux de mortalité global de 28,3 %.

 

 

 

Émile Boutroux analyse la surmortalité normalienne :

 

« Les normaliens ont été frappés dans une proportion très supérieure à la moyenne. Ce fait n’est pas fortuit. Tout entiers au devoir cordialement embrassé, ils se sont donnés sans réserve, ils ont intrépidement entraîné leurs camarades ; tel le sous-lieutenant Jules Pascal qui, sur la ligne de feu de Léronville, en Meurthe et Moselle, blessé vers 4 heures et ½, enleva ensuite, à la tête de ses hommes, un coteau où il tomba à 5 heures... L’histoire sera écrite de leur zèle et de leurs belles actions. On y trouvera maint exemple de l’entrain avec lequel ils sont partis. Tel, Albert Lévy, professeur du cours de Saint-Cyr à Saint-Louis qui, âgé de 47 ans, s’est engagé dès le début de la guerre ; tel, Charles Bayet, qui, âgé de 65 ans, s’est engagé comme sous-lieutenant » (Annuaire 1915, p. 2).

 

 

 

Xavier Roques poursuit :

 

«  Les hommes marchent s’ils se sentent entraînés, s’ils voient le chef à la place que la décence, à défaut du règlement, lui assigne, c’est-à-dire à leur tête. Nous avons, nous, pour nous soutenir, ce que la plupart n’ont pas, une force intérieure, une volonté faite de notre éducation et de notre culture. Nous sommes les riches. C’est à nous, s’il le faut, de payer » (Annuaire 1916, p. 135).

 

 

 

Les discours sur les fins glorieuses, les charges héroïques et les sacrifices consentis des normaliens doivent pourtant être modérés par les récits descriptifs et factuels des morts au combat.

 

Ainsi, la disparition tragique par abandon de Jean Merlin lors d'une retraite témoigne d'une réalité de la guerre bien plus sordide.

 

« Jean Merlin écrivit pour la dernière fois à sa mère le 26 août 1914, au départ de Bourgoin ; il lui dit qu’il était dirigé sur Gray, pour être envoyé immédiatement sur le front, et qu’il emportait sur lui sa dernière lettre, avec une médaille qu’elle lui avait remise. On ne devait plus rien savoir de lui. Le29 août, plusieurs hommes de son régiment le virent tomber au col d’Anozel, atteint à la mâchoire et à l’épaule par des éclats d’obus. Nos troupes étaient alors en retraite ; les Allemands occupaient Saint-Dié. On dut l’abandonner là. On le retrouva mort, le 6 septembre, avec un homme de son régiment, à la lisière d’un bois (…) à quelques kilomètres d’Anozel. Qu’était-il advenu de notre ami pendant ces huit jours ? Le cœur se serre douloureusement à cette pensée » (Annuaire 1915, p. 56).

 

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« Joseph Marty fut rappelé le 2 aoûtsous les drapeaux en qualité de sergent au 38e R d’infanterie coloniale. Le 10 septembre il occupait avec sa compagnie une tranchée près du village de Séraucourt, aux environs de Bar-le-Duc. Surpris par l’ennemi dans une attaque à la baïonnette, il sortit le premier de la tranchée pour entraîner ses hommes à la riposte. Une balle reçue en pleine poitrine arrêta son élan ; on le retrouva quelques heures plus tard, tourné vers l’ennemi, tenant encore entre ses mains son fusil, baïonnette au canon ; il dormait de son dernier sommeil. Ce fut là une belle mort et une belle existence. Mais il est dans une petite maison d’Albi deux orphelins qui réclament quelquefois leur papa, une veuve inconsolable qui ne sait que répondre aux questions ingénues des petits et doit se cacher d’eux pour pleurer » (Annuaire 1915, p. 59).

 

 

 

Robert Blum (promotion 1906 S), professeur de mathématiques au lycée de Douai, commande une section d'infanterie depuis sa tranchée près de Berry-au-Bac en Picardie :

 

« Tout était relativement calme lorsque soudain trois obus éclatent devant la tranchée. Les coups assourdissent les hommes, qui se terrent. Aussitôt, d’un boyau creusé secrètement, l’attaque surgit. Les hommes de Blum, surpris, ont un moment d’hésitation : une minute tragique de flottement se passe. Avec un calme et une fermeté admirable [...] Blum ressaisit la section ébranlée, la rassemble et commence le feu. Mais à peine avait-il passé la tête au parapet qu’il tombe frappé d’une balle à la tête et meurt aussitôt » (Lévy, 1918, p. 133).

 

 

 

Ernest Lavisse, Directeur de l'ENS nommé en 1904 a œuvré avant guerre pour le développement d'une formation militaire au sein de l’École et pour l'égalité des statuts des élèves normaliens avec celui des Polytechniciens. Dans l'extrait suivant, il s'inquiète auprès de l'autorité militaire du retard d'évolution de grade des normaliens combattants issus des promotions 1913, 1914 et 1916 :

 

« Pour moi, il m’est très pénible d’avoir à vous dire que je vois naître et grandir chez beaucoup des nôtres, à propos du sort qui leur est fait dans l’armée, un mécontentement dont les conséquences m’inquiètent beaucoup pour l’après-guerre. Vous savez que parmi nos élèves de 1913 et de 1914 au front depuis le 1er janvier 1915, il y en a qui, blessés et cités à l’ordre du jour, sont encore simples sous-lieutenants beaucoup même à titre temporaire. L’un d’eux m’écrivait, le 8 mars : « Je m’étonne de temps à autre des décrets concernant la titularisation au grade d’officier des élèves de certaines écoles, sans qu’il soit jamais question de ceux de l’Ecole Normale. Nous aurait-on complètement oubliés et serions-nous définitivement rayés des contrôles ? » […] Voilà le ton : il est triste, résigné, dédaigneux. Ce n’était pas celui des lettres que ces mêmes élèves m’écrivaient au commencement de la guerre : ils ont été parmi les plus ardents et les meilleurs ; tous les deux ont la croix de guerre. Soyez assuré que la plainte est générale. Elle est grave, venant d’une élite. »

 

Paul Painlevé, mathématicien normalien (1883S), Ministre de l'Instruction publique, des beaux-arts et des inventions intéressant la défense nationale, prononce un discours le 4 mars 1916 alors que la bataille de Verdun fait rage :

 

« Aujourd’hui, comment parler de l’École normale supérieure sans évoquer avec une tendresse particulière, avec une piété profonde, tous ces jeunes gens qu’elle a formés pour penser et qui ont su si bien combattre ? Comment ne pas voir se dresser devant soi cette élite de chercheurs, de savants, d’écrivains qui, si vite, se sont révélés des chefs sous la mitraille ? » (Painlevé, 1916, p. 194)

 

 

 

De son côté, l'Allemagne de 1914 fait le choix stratégique d'affecter une partie de ses ingénieurs et scientifiques de haut niveau au développement des technologies de l'armement. En France à la même époque, l'idéologie égalitaire de la troisième république interdit que les élites soient « préservées » et mieux « utilisées ». Cette position de principe a certainement conduit à l'hécatombe normalienne. Pour autant, les taux de perte des jeunes élites en Angleterre, aux États-Unis et dans une moindre mesure en Allemagne demeurent très élevées. Le sacrifice des élites durant la Grande Guerre est un phénomène mondial.

 

 

 

L’École Normale Supérieure a payé un lourd tribut durant la Grande Guerre. Le patriotisme exacerbé des élèves, la volonté d'égaler l'engagement polytechnicien et l'affectation systématique des mobilisés dans l'infanterie sont autant de facteurs qui, conjugués, expliquent la surmortalité normalienne. Un siècle plus tard, on peut regretter que l'ENS n'entretienne plus de lien direct avec la Défense Nationale. L’École pourrait pourtant trouver avantage à intégrer à son cursus une formation militaire initiale de courte durée et une sensibilisation des élèves (futurs enseignants chercheurs) aux problématiques de défense.

 

 

 

Sources documentaires :

 

David Aubin - Les mathématiciens normaliens « morts pour la France » 1914-1918 .

 

Nicolas Mariot – Pourquoi les normaliens sont-t-ils morts en masse en 1914-1918 ? ARPoS Pôle Sud, 2012/1 – n° 36, 9-30

 

 

 

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Une Entente qui écoute le monde ? Dossier EchoRadar

Publié le 24/07/2014 à 13:56 par cyberland Tags : écoutes grandeguerre centenaire 1914 echoradar blog monde roman france article cadre nature livre bretagne google
Une Entente qui écoute le monde ? Dossier EchoRadar

 

 

 

 

Stéphane Dossé sur « Lignes Stratégiques » un blog EchoRadar, nous propose un article dans le cadre du dossier « Eté 1914, un autre monde ? ».

 

 

 

Au début de l’été 14, un dispositif d’écoute à grande échelle est en place au sein des dispositifs sécuritaires des grandes puissances. Deux types d’écoutes sont mis en place : sur les communications filaires, principalement les câbles sous-marins, et sur les communications radioélectriques internationales. L’interconnexion croissante des pays, des médias et des opinions a changé la donne en termes de relations diplomatiques. Tout va plus vite  mais tous les esprits n’y sont pas préparés. Les ultimatums de l’été ont largement utilisé les envois de messages par des moyens de transmissions rapides et longue distance que les chancelleries ne maitrisent pas encore complètement à ce rythme inédit. On peut estimer que la machine s’emballe. L’enchaînement rapide des entrées dans le conflit, en raison des alliances, s’avère autant dû à une volonté d’en découdre, qu’à une diplomatie dépassée par la vitesse et la nature des télécommunications et des médias de son temps. Dans ce monde mondialisé et interconnecté, les écoutes ont joué un rôle tactique et stratégique que ce billet ne fait qu’évoquer.

 

 

 

Une Grande Bretagne performante

 

Les services du chiffre et stratégiques britanniques s’illustrent dès le début de la guerre : la célèbre Room 40 OB (Room 40 Old building), service de l’Amirauté, permet de déchiffrer les messages allemands. En début de guerre, le renseignement est principalement obtenu grâce à la cryptanalyse et à la capture de documents sur des navires. Il s’agit par exemple de la capture sur le croiseur allemand Magdeburg, coulé le 26 août 1914 par les Russes, du livre de codeSignalbuch der Kaiserlich Marine(SKM), du code courant, du livre de bord et de la grille de coordonnées pour la Baltique. La capture, sur le Hobart par laRoyal Australian Navy, le 11 octobre 1914, du codeHandelsschiffsverkehrsbuch(HVB) et du code de la marine marchande du Reich constitue une autre illustration. Le dispositif s’appuie aussi sur le service du Chiffre de l’armée qui envoie un détachement (MI 1 (b)Signal intelligence branch) en France dès septembre 14, sous le commandement du commandant B.W. Bowdler. La Grande Bretagne bénéficie de points d’écoute dans les principaux nœuds de communication de l’Empire, sur tous les continents. Ceci est la conséquence de la supériorité britannique dans les télécommunications, de sa puissance militaire conventionnelle et d’une politique alliant depuis au moins une quinzaine d’années les impératifs économiques et de sécurité.

 

 

 

Retrouvez la suite de l'article sur Lignes Stratégiques :

 

http://lignestrategiques.blogspot.fr/2014/07/ete-14-une-entente-qui-ecoute-le-monde.html

 

 

 

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La bataille de Coronel – Dossier EchoRadar

Publié le 24/07/2014 à 11:46 par cyberland Tags : coronel 1914 echoradar bataille blog vie monde article travail google lecture
La bataille de Coronel – Dossier EchoRadar

HMS Monmouth - Cuirassé anglais coulé à la bataille de Coronel 

 

 

Le Blog EchoRadar « Le Fauteuil de Colbert » nous propose une réflexion sur la bataille navale de Coronel d'après l'ouvrage « deux combats navals -1914 » de Claude Farrère et Paul Chack.

 

Cet article s'inscrit dans le dossier EchoRadar « Eté 1914, un autre monde ? ».

 

 

 

Débutons bien et mal en nous intéressant à Deux combats navals (1925, éditions Flammarion, 3 francs 75) de Claude Farrère et Paul Chack. Nous commençons bien car nous allons évoquer la bataille navale de Coronel (1er novembre 1914). Nous commençons mal car elle ne s'est pas produite pendant "l'été" de l'hémisphère Nord. Dans l'autre hémispère, et particulièrement dans le décor de cette bataille, le soleil c'est comme à Brest : un concept. N'agravons pas mon cas en ces temps troublés : nos deux auteurs ont eu une vie passionnante, si ce n'est plus. Sauf que Paul Chack, et nous y reviendrons plus tard, fut exécuté à la Libération. En l'état de mes connaissances, ce n'est pas un regret.

 


Il n'est pas anodin de préciser cela car à la lecture de l'ouvrage, le lecteur peut se rendre compte que la "race" est un concept bien ancré dans les esprits. Comment ne peut pas être surpris quand il est possible de lire dedans que l'Allemand n'est pas doué d'imagination ?

 

Paru en 1925, Deux combats navals nous offre un regard de l'époque. Les renseignements qui permettent de reconstituer les combats proviennent certainement du travail des attachés navals français, des services de renseignement, de la presse et d'autres sources. Ensemble de travaux qui a une importance considérable.

 

Point de vue d'autant plus intéressant qu'il relate une époque magnifique : les sous-marins comme les avions ne sont encore que des curiosités, le combat en ligne est roi (et c'est lui qui justifie les grades des amiraux) et il s'agit uniquement de bataille navale. Un décor magnifique pour des combats au canon, La chapelle reine des marines.

 

Retrouvez la suite de l'article sur Le Fauteuil de Colbert, un blog EchoRadar.

 

http://lefauteuildecolbert.over-blog.fr/article-deux-combats-navals-1914-de-claude-farrere-et-paul-chack-coronel-124210313.html

 

 

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Polytechniciens sous la mitraille - Dossier EchoRadar

 Polytechniciens sous la mitraille - Dossier EchoRadar

Cet article est ma première contribution au dossier EchoRadar "Eté 1914, un autre monde ?".  "Des grandes Ecoles à la Grande Guerre - Polytechniciens sous la mitraille" sera suivi d'une  seconde partie intitulée "Des grandes Ecoles à la Grande Guerre - Le sacrifice Normalien".

Thierry Berthier

 

1 - Le sacrifice de Younes Résal

 

55 ème d'Artillerie, 5 août 1914, le sous-lieutenant Younes Résal à sa mère, Julie

 

« Ainsi, voilà donc la guerre déclarée, tout est déclenché !

 

Pour ma part sois sans inquiétude jusqu'à nouvel ordre, car je ne verrai pas de casques à pointe, à mon grand regret, avant quelques jours. Je suis à la 22ème batterie de renforcement du 55ème d’Artillerie : nous sommes donc faits pour remplacer ceux qui nous précèdent, ou dans le cas où le territoire serait envahi. Puissions-nous être à l’abri d’une pareille chose ! Puissions-nous quand même faire du bon ouvrage !

 

J’ai eu beaucoup à faire, et c’est pourquoi je ne vous ai pas écrit hier. Vous quittant samedi à La Ferté j’étais à 22h à Paris, où je dus aller à l’ X à pied avec ma valise : pas de tramway, métro inabordable, pas de taxis. A l’école, j’apprends mon envoi à Orange, départ à 8h30. Nuit très agitée, mes camarades partant pour l’Est immédiatement, venant causer....etc. A 6h30, j’ai été dire au revoir à mon oncle Jean et tante Juliette.

 

Partis à 8h avec quatre camarades, nous sommes arrivés à Orange à 1h du matin, lundi. Voyage sans anicroche mais lent. Partout un esprit extraordinaire qui, espérons-le, se maintiendra. A Orange, pas moyen de trouver un lit ; j’ai donc dormi dans la cour de l’hôtel, la tête sur une botte d’herbe.

 

Nous avons ici à former entièrement cette batterie de réserve. Aussi ne partons-nous que dimanche prochain 9 août, et je te réponds que nous n’avons pas de temps à perdre. Nous sommes désignés pour aller à Cannes, surveiller la frontière italienne ; mais j’espère que l’Italie continuera à se tenir tranquille, ce qui nous permettra de monter au Nord.

 

Et vous, que devenez-vous ? Envoyez-moi de vos nouvelles, je les attends avec impatience. Et Salem.... où est-il ? et Paul...., que fait-il ? Donnez-moi bien de leurs nouvelles.

 

Il est impossible de savoir quoi que ce soit. Les journaux ne donnent que des fausses nouvelles, et les dépêches officielles ne disent à peu près rien.»

 

 

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Younes Résal - 1914

 

 

Né en 1891, Younes Résal entre à l’École Polytechnique en 1912. Deux années plus tard, il est élève ingénieur à l'école de Génie Maritime. Mobilisé le 2 août 1914, il est affecté et sert comme sous-lieutenant au 55 ème régiment d'artillerie. Vite remarqué pour son courage et sa fougue au combat, il témoigne d'un engagement total et d'un patriotisme qui s'exprime sous la mitraille.

 

 

 

« Le Commandant de Batterie signale :

 

La conduite du Sous-Lieutenant RESAL qui alla sous le feu des tranchées ennemies prendre les renseignements sur les positions ennemies. Sur la 1ère ligne d’infanterie, le cheval du Sous-Lieutenant a été légèrement blessé.

 

Signé : Lieutenant VAGNEUR »

 

 

 

Son combat est de courte de durée puisque Younes Résal meurt pour la France le 8 septembre 1914 à Issoncourt au sud de Verdun, lors d'une offensive allemande nocturne, avec une dizaine de ses camarades officiers. Tous ont défendu leurs pièces d'artillerie jusqu'à la mort. Younes est retrouvé le lendemain, une carabine à la main, blessé mortellement à la tête. Ses parents n'apprendront son décès que trois semaines plus tard. Son frère Salem est lui aussi sur le front.

 

Younes Résal fait partie des 260 Polytechniciens tombés pour la France durant la période 1914-1918, soit 17,46 % de l'effectif des promotions réunies.

 

 

 

2 - Quelques chiffres

 

Le tableau suivant reprend l'effectif par promotion des officiers Polytechniciens morts pour la France. On notera qu'il n'existe pas de promotion 1915, le concours ayant été suspendu durant l'année.

 

Polytechniciens morts pour la France 1914-1918

 

Promotion

Nombre de morts pour la France

Pourcentage de l'effectif de promotion

1911

55

25,00%

1912

46

19,91%

1913

64

23,70%

1914

82

19,61%

1916

8

11,42%

1917

3

2,30%

1918

2

1,33%

 

D'une façon générale, la guerre de 1914-1918 a été « socialement sélective » . Les enfants de la bourgeoisie et des milieux favorisés ont été plus touchés par les pertes que ceux issus des autres milieux. Ainsi, les écoles d'officiers de Saint-Cyr, l’École Polytechnique et l’École Normale Supérieure ont surcontribué à l'effort de guerre. Le niveau des pertes dans le rang des officiers est triple de celui de la troupe. 70 % des Polytechniciens furent répartis dans l'artillerie et 30 % dans le génie à l'exception de la promotion 1913 qui fut totalement affectée dans l'artillerie de campagne.

 

Près de 10% de l'ensemble des élèves de l'X mobilisés servirent en tant que pilotes ou observateurs au sein des premières unités d'aéronautique militaire. Les avions, peu nombreux, légers et rudimentaires furent utilisés pour l'observation puis pour le réglage des tirs d'artillerie. Les accidents étaient fréquents et l'esprit chevaleresque prédominait.

 

Le 2 août 1914, jour de mobilisation, deux promotions résidaient à l’École : les aspirants de la promotion 1911 terminaient leurs deux années d'étude après avoir effectué un service militaire.

 

Ce groupe constituait la première division. La seconde division rassemblait les aspirants de la promotion 1912 qui eux aussi avaient fait leur service. C'est avec une grande confiance et un certain enthousiasme que les élèves accueillent la déclaration de guerre. L’ École, dans son ensemble, y voit l'heure de la revanche et la possibilité de restituer à la nation la confiance qu'elle a toujours su lui témoigner. Le patriotisme est à son paroxysme et il ne laisse aucun doute sur la rapidité et l'issue de la confrontation.

 

 

 

3 - L’ École durant la guerre

 

Dès le 2 août 1914, l' École se vide. Le concours 1914, interrompu après la phase des oraux à Paris est validé par arrêté ministériel. Ce dernier nomme les 228 admissibles ayant passé les oraux et ayant obtenu une moyenne supérieure à 13. Les admis de 1914 sont immédiatement affectés dans l'artillerie de campagne en tant que seconds canonniers conducteurs. Ces élèves sont promus sous-lieutenants en janvier 1915. Le général Cornille, commandant l' École, et ses officiers rejoignent les unités combattantes. Un ancien Polytechnicien, chef d'escadron retraité, est rappelé et nommé commandant par intérim d'une école vide. Dès le 4 août 1914, les bâtiments de l'X sont réquisitionnés pour y installer une annexe d'hôpital. A partir de mai 1917, cet hôpital, baptisé VG3, fonctionne comme une structure d'évacuation et soigne de nombreux blessés et gazés (400 lits pour 10 123 blessés durant les quatre années du conflit ). L’hôpital fermera définitivement ses portes le 1er janvier 1919. En 1915, un bureau technique du génie s'installe dans les laboratoires de l' École pour y développer un atelier de périscopes dirigé par la capitaine Carvallo, Directeur des études de l'X depuis 1900. Le périscope était en effet devenu un outil indispensable pour l'observation depuis la tranchée... L'année 1915 se déroule sans organiser le concours X1915. Les pertes importantes de Polytechniciens sur le front obligent à rouvrir le concours en 1916 pour une promotion réduite à 70 élèves. Ceux-ci furent immédiatement affectés en école d'application de l'artillerie (Fontainebleau) et du génie (Angers). Le concours 1917 intégra 130 nouveaux polytechniciens et 150 pour le concours 1918. Certains élèves des promotions antérieures, blessés au combat, réintégrèrent les rangs de promotions 1916 et 1917.

 

 

 

4 - Gloire et honneur, de retour à l’ École

 

La grande rentrée de l’École Polytechnique intervient le 15 mars 1919. C'est certainement la plus glorieuse de toute son histoire compte-tenu du lourd tribu payé tout au long du conflit.

Sept promotions de 1912 à 1919 sont présentes en ce jour historique. Le 16 avril 1919, le Président Poincaré et le Maréchal Joffre passent en revue l'ensemble des promotions.

 

Le discours du Président rend gloire et honneur au sacrifice polytechnicien :

 

«  Où étaient les enfants qui, en 1914, partaient pour la frontière ? Ceux qui se présentaient devant lui étaient 130 capitaines, 630 lieutenants et sous-lieutenants, et ils portaient 46 croix de la Légion d'Honneur, 1650 palmes ou étoiles, 400 chevrons de blessures. C'étaient des hommes qui s'étaient longuement accoutumés à la fréquentation du danger et qui avaient vécu, en moins de cinq ans, au contact de réalités épouvantables, une existence remplie des plus fortes passions qui puissent agiter l’âme humaine ».

 

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Le Maréchal Joffre à l’École

 

 

En 1919, l’école accueillit une délégation de 300 cadets américains de l' École militaire West Point. Ce fut l'occasion de célébrer une victoire si chèrement acquise.

 

Pourtant, au-delà des célébrations qui participent au redémarrage de l’École, le traumatisme de la guerre a profondément marqué les Polytechniciens engagés dans le conflit.

 

Ainsi, la promotion 1913 rend les honneurs à l'élève entré major au concours de 1913 mort pour la France en 1916. L'un de ses camarades de promotion 1914, Croix de guerre, ne parvient plus à vivre avec ses souvenirs de combat et finit par se suicider en 1920. Ce que l'on appellera un siècle plus tard, le syndrome de stress post-traumatique du combattant, affecte de nombreux officiers Polytechniciens acteurs et témoins des turbulences de guerre. Intrépides, audacieux, endurcis par la souffrance, parfois mutilés ou malades, ils entament une phase de « reconstruction » aidés en cela par la reconnaissance et la maternelle bienveillance d'une École Polytechnique touchée dans sa chair mais capable de surmonter l'épreuve.

 

 

 

5 - Un siècle plus tard, d'autres combats polytechniciens...

 

Ces cents dernières années nous ont donné deux guerres mondiales, l’ère nucléaire, la guerre froide, la conquête spatiale, et les révolutions cybernétiques. Tout au long de ce siècle extraordinaire, l’ École Polytechnique n'a pas démérité et a su s'adapter aux mutations et aux exigences de la nation. L'esprit polytechnicien a traversé plus de deux cents ans de notre histoire en maintenant un corpus de valeurs et de traditions et en sachant s'adapter aux nouveaux paysages technologiques.

 

Pour autant, ce siècle passé doit nous questionner : Le patriotisme polytechnicien a-t-il encore un sens aujourd'hui ? Quelles sont les nouvelles formes d'engagement et de contributions pour les Polytechniciens de la promotion 2014 ? Vers quels combats sont-ils ou seront-ils mobilisés ?

 

Si le sacrifice ultime, celui de Younes Résal et de tant d'autres de ses camarades, semble bien éloigné aujourd'hui de l'actualité et des réalités polytechniciennes, il ne fait aucun doute que la conflictualité mondiale s'exprime désormais sous d'autres formes et qu'elle impacte durement nos sociétés. En tant que futur grand serviteur de la Nation, l'élève Polytechnicien occupera les premières lignes des duels économiques, industriels et technologiques à venir. Nous devons l'attendre aujourd'hui sur ce front stratégique et c'est bien là qu'il relèvera ou non les grands défis de la Nation. Il faut prendre conscience que la double culture, militaire et scientifique, du Polytechnicien de 2014 constitue la meilleure garantie de résilience face aux turbulences technologiques qui émergent. La course mondiale à l'innovation, la révolution numérique et la convergence NBIC (Nanotechnologie, Biotechnologies, Informatique, sciences cognitive) constituent les nouveaux fronts du 21ème siècle. Ils n'engagent plus le Polytechnicien dans sa chair mais l'obligent à une mobilisation de l'esprit. C'est en elle qu'il faut rechercher les nouvelles formes du patriotisme.

 

 

 

Pour conclure...

 

Élèves officiers Polytechniciens de la promotion X2013, Félix Berriat et Augustin Lenormand ont composé à l'automne 2013, le chant de promotion du 4ème bataillon de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr. La promotion a reçu comme nom de baptême « CBA Charles Delvert ».

 

Charles Delvert, historien, ancien élève de l’École Normale Supérieure s'est distingué au combat durant la Grande Guerre.

 

 

 

Chant de la promotion Charles Delvert

 

 

 

La Grande Guerre déchirait notre belle patrie.

 

La France dans la tempête appelait ses enfants.

 

Delvert sous ces sombres nuages vint gravement,

 

Menant ses hommes avec courage pour son pays.

 

 

En ce jour enseignez l’audace et la grandeur

 

Au bataillon qui s’avance dans l’honneur.

 

Commandant Charles Delvert, pour marcher sur vos

 

traces nous servons, jeunes officiers !

 

 

A l’automne de la guerre, sous un rideau de pluie

 

La boue recouvre les hommes d’un linceul infini.

 

Quand vous menez l’assaut se lèvent parmi les ombres

 

Ces hommes et le drapeau défiant l’orage sombre.

 

 

 

Dans la fumée des canons, héros du fort de Vaux,

 

Vous avez bravé la mort, contenu les assauts.

 

Malgré le froid, le feu, la peur de l’inconnu,

 

Quand sonne la relève vous restez invaincu.

 

 

 

La plume remplaçant l’épée célébra la victoire.

 

L’homme sortant des tranchées nous conta son histoire.

 

Humbles Carnets d’un Fantassin, par cet ouvrage,

 

Vous associez à nos destins un héritage.

 

 

 

Voyez vos fils droits et fiers, qu’éclairent les étoiles,

 

Rêvant sous cette bannière d’être un jour votre égal.

 

Célébrons la plume qui honore la mémoire

 

De ceux par qui la France emporta la victoire.

 

 

 

Le chant de promotion CBA Charles Delvert

 

http://www.youtube.com/watch?v=kS9FMyurGNI

 

 

 

 

 

Sources documentaires

 

 

 

Dossier SABIX – L’ École Polytechnique de 1914 à 1920 – Bernard Villermet

 

http://www.sabix.org/bulletin/b10/sabix10.html

 

 

 

Histoire de l' École Polytechnique, Jean-Pierre Callot, Éditions Charles-Lavauzelle 1982

 

 

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1914-1918 : Des leçons stratégiques ? - Dossier EchoRadar

Publié le 18/07/2014 à 14:43 par cyberland Tags : EchoRadar Stratégies
1914-1918 : Des leçons stratégiques ? - Dossier EchoRadar

 

Olivier Kempf s'interroge : Y a-t-il des leçons stratégiques à la guerre de 1914-1918 ?

 

A mon tour de participer au thème estival d'Echoradar (voir ici) Avec une question simple : Y a-t-il des leçons stratégiques à la guerre de 1914-1918 ?

 

Une telle question est bien sûr très provocatrice. Nous avons tous lu les « enseignements » de ce conflit, la dispute entre offensive et défensive entre les deux guerres, la question du couple char-aviation, la percée de Guderian, conceptuelle avant d’être ardennaise… Mais en fait, tout ceci nous l’avons lu parce que nous savions que la Première guerre mondiale était Première, donc qu’il y en avait une Seconde. Nous avons tous observé la Première à la lumière de la Seconde. Ici, ce qui m’intéresse, ce sont les leçons stratégiques que l’on pourrait tirer du conflit sans savoir la suite. Des leçons qu’on pourrait tirer aujourd’hui.

 

Qu’il soit précisé que je ne suis pas historien, ni spécialiste de la période et encore moins connaisseur d’histoire militaire. Bref, je revendique, encore une fois, le droit de dire des bêtises.

 

Qu’on me permette tout d’abord de retracer les grandes options de la guerre (je me concentre surtout sur le front ouest, que je connais mieux, et m'excuse de ne pas aborder la guerre navale, que je ne connais pas).

 

1914 est l’année de la manœuvre. Le plan Schlieffen s’oppose au plan XVII. Les deux armées s’élancent, les Allemands contournent par la Belgique et descendent coiffer l’aile gauche française. Mais l’aile droite du dispositif allemand, la Ière armée, infléchit sa course et présente son flanc à Paris. Les Français aperçoivent la faille : Gallieni se porte vers le flanc droit des Allemands pendant que Joffre arrête la grande retraite et fait front. C’est la première victoire de la Marne. Notons ici une des raisons du succès français : le vaste redéploiement des unités qui étaient concentrées en Lorraine et qu’on bascule à l’ouest, grâce aux chemins de fer. La logistique permet la victoire. La suite de la bataille de la Marne est connue : chacun essaye de déborder l’autre dans une « course à la mer » qui « ferme » le front. On ne peut plus « déborder » et l’idée de la stratégie indirecte, qui sera lancée plus tard par Liddel Hart et qui est en fait tentée tout au long de la guerre, ne peut plus fonctionner. Autrement dit, 1914 se clôt par la fin de la manœuvre. Toutefois, elle a failli fonctionner et le ressaisissement français est « miraculeux ». Or, il décide du sort de la guerre. Les enseignements de quatre ans de guerre voient surtout les années 15, 16 et 17 mais négligent les années 14 et 18, plus manœuvrantes…

 

1915 verra plusieurs tentatives de « percée » par concentration. Il s’agit là d’un effet de cette guerre totale et industrielle. On a de la peine à imaginer en effet les centaines de milliers d’hommes qui sont mobilisés. Le front comprend des corps d’armée, des armées, des groupes d’armées… Une division, une brigade sont considérées comme des petites unités (aujourd’hui, l’armée française compte huit brigades, soit l’équivalent de deux divisions…). Les masses réunies ont justement permis l’établissement de ce front continu sur des centaines de kilomètres. Dès lors, chaque camp a l’impression d’un « rideau » qu’il serait facile de « percer ». On s’y essaye à plusieurs reprises, sans succès (offensives d’Artois et de Champagne, qui échouent par manque d’artillerie lourde). Les préparations d’artillerie ne suffisent pas et les dispositifs défensifs se durcissent dans les deux profondeurs : profondeur verticale (tranchées et réseaux de barbelés et d’autres obstacles de contre-mobilité), profondeur horizontale avec un élargissement du dispositif tactique : le voilage d’origine devient lourde tenture puis matelas épais de plusieurs centaines de mètres voire de quelques kilomètres. On espérait un voile, on amoncelle un crin. A mesure qu’on augmente les moyens de la percée, l’adversaire augmente les moyens de l’absorption du choc. La percée a pour ambition de concentrer une énergie en un point pour le casser : on lui oppose la position qui solidifie les points du front dans un réseau large de positions défensives qui absorbent les chocs. A l’énergie concentrée répond la réticulation diffusante. Si 1914 est l’échec de la manœuvre, 1915 est l’échec du choc et le succès du réseau (1) . Pourtant, les alliés persisteront dans cette idée : bataille de la Somme en 1916, Chemin des Dames et bataille d’Arras en 1917 …

 

 

Retrouvez la suite de l'article sur le EGEA, le site d'Olivier Kempf, un site EchoRadar.

 

http://www.egeablog.net/index.php?post%2F2014%2F07%2F17%2FY-a-t-il-des-le%C3%A7ons-strat%C3%A9giques-%C3%A0-la-guerre-de-1914-1918

 

 

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Éloge de la machine à écrire

Publié le 17/07/2014 à 16:41 par cyberland Tags : machine a ecrire allemagne cyberdéfense espionnage nsa france article histoire image centerblog
Éloge de la machine à écrire

 

 

Dans un récent article du Guardian, on apprend que l’Allemagne envisage très sérieusement l'utilisation de machines à écrire mécaniques pour l'édition de documents sensibles.

 

Une partie de la classe politique allemande se dit prête à ce retour vers le passé si celui-ci est le seul moyen de garantir la confidentialité des informations transmises.

 

Cette réaction s'inscrit dans le « courroux » allemand qui fait suite aux différents scandales d'écoutes de la NSA visant des politiciens, des membres du gouvernement et la Chancelière.

 

Dans une récente interview, le démocrate chrétien Patrick Sensburg affirme que son groupe possède déjà des machines à écrire mécaniques et que leur utilisation « n'est pas une blague ».

 

Elles constituent une réponse possible et efficace aux activités de renseignement orchestrées par la NSA. Après la récente expulsion d'un agent de la CIA par le gouvernement Merkel, les problématiques de confidentialité occupent les esprits de la classe politique allemande.

 

La Russie, une année plus tôt, avait communiqué de façon similaire sur son utilisation de machines mécaniques non connectées à la suite d'une commande de 20 machines à écrire de la marque Triumph Adler. Pourtant, une grande partie de la classe politique allemande ne semble pas prête à abandonner les facilités des moyens d'édition électronique au profit de technologie d'un autre siècle...Cela ressemble à la guerre des anciens contre les modernes sans que l'on sache bien qui est moderne dans cette histoire. Un représentant du SPD affirme que l'appel à utiliser des machines à écrire est hautement ridicule et contre-productif au 21 ème siècle et que l'effort de contre-espionnage doit être porté sur l'espace numérique...

 

Au lendemain des révélations de surveillance par la NSA du téléphone portable de La Chancelière Merkel, le gouvernement allemand a demandé à ses députés de n'utiliser que des smartphones sécurisés cryptés lors de communications sensibles et l'utilisation d'iPhones pour des échanges intergouvernementaux a été interdite. On appelle cela de « l'hygiène numérique »...

 

En France, nous ne sommes pas en reste avec le Teorem de Thales :

 

http://www.challenges.fr/entreprise/20131030.CHA6302/teorem-le-telephone-portable-thales-ultra-securise-dont-meme-le-prix-est-top-secret.html

 

 

 

Je propose que l'on ressorte les vieilles machines C36 et Enigma qui servaient à crypter les messages durant la seconde guerre mondiale, on ne sait jamais, elles peuvent servir !


Enigma-8-rotor.jpg

Machine Enigma

 

Sources :

 

http://www.theguardian.com/world/2014/jul/15/germany-typewriters-espionage-nsa-spying-surveillance?CMP=twt_gu

 

 

 

 

 


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